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18 novembre 2019

QUESTIONNAIRE Ministériel DIRECTION D’ECOLE : que penser, que faire ?

Le vif émoi suscité par le suicide de notre collègue directrice Christine Renon et les importantes mobilisations enseignantes qui ont suivi ont obligé le ministre de l’Education Nationale à bousculer son agenda social pour se pencher sur les conditions de travail des directrices et directeurs d’école.

Le 15 octobre, le SNUipp-FSU a présenté au Ministre un plan d’action de 15 mesures d’urgence pour la direction d’école, à prendre sans tarder, dès le retour des vacances d’automne consultable ici Les préoccupations des directrices et directeurs sont en effet connues : le temps n’est plus à tergiverser. Pour que chacun puisse remplir ses missions, il faut entre autres :

  • des aides à la direction et au fonctionnement de l’école,
  • une augmentation des décharges,
  • une augmentation des rémunérations,
  • des formations initiale et continue de qualité…

Mais le ministère, sourd au diagnostic et aux revendications, préfère lancer un questionnaire à destination des 45000 directrices et directeurs. Ce questionnaire est arrivé ce mercredi 13 novembre sur la boîte professionnelle personnelle ( !) des collègues chargés de direction.

Pour le SNUipp-FSU, ce questionnaire ne peut pas être la solution aux préoccupations actuelles. Depuis de nombreuses années, nous alertons le ministère sur la dégradation des conditions de travail des directrices et directeurs, qui a conduit à une perte de sens du métier avec un impact sur le fonctionnement de l’école comme sur la santé des personnels.

Le diagnostic est connu, les mesures à même d’améliorer nos conditions de travail également.
Quel est alors le but de ce questionnaire ?

  • Gagner du temps ? Les 11 suicides d’agents de l’Education Nationale depuis cette rentrée scolaire, et le nombre croissant de collègues en souffrance ne le permettent pas, il y a urgence !
  • Donner l’illusion d’écouter les personnels ? Nous ne sommes pas dupes, et ne comptons pas sur le ministre qui a démontré à de multiples reprises son déni de notre professionnalisme (pilotage des évaluations nationales, publications de guides injonctifs, restriction du plan de formation…)
  • L’utiliser à des fins politiques ? De la même façon que les résultats des évaluations nationales ont été manipulés (résultats 2018 présentés à la presse alors que la campagne de saisie des remontées n’était pas close ; résultats 2019 qui n’ont servi qu’à alimenter l’auto-satisfecit du ministre et à vanter de façon anticipée les prétendus résultats de ses orientations politiques…), nous ne nous faisons pas d’illusion sur la restitution et l’analyse qui en seront faites. Ainsi, le terme « pénible » qui ne présente que 2 occurrences dans le questionnaire (sur 31 questions) est le seul qui évoque le champ de la souffrance : il sera donc difficile de cerner précisément au travers de ces deux questions fermées ce qui affecte les directrices et directeurs. En revanche, les termes « pilotage » (présent plusieurs fois), « évaluation » et « autorité » conduisent aisément à penser que l’idée du « statut de directeur » demeure bien en filigrane un objectif du Ministère, pourtant éconduit sur ce sujet au printemps dernier par les mobilisations contre la Loi Blanquer.

Enfin, adresser ce questionnaire uniquement aux directrices et directeurs n’est pas un choix anodin du Ministère. Parce que la question des évolutions et du fonctionnement de l’école concerne aussi l’ensemble de la profession, le SNUipp-FSU avait demandé à ce que ce questionnaire soit adressé à tou·tes les enseignant.es du premier degré. Le ministère s’y est refusé. Pour le SNUipp-FSU, si la souffrance des directrices et directeurs est manifeste et spécifique, celle des autres membres de la communauté éducative est également à prendre en compte. Par l’exercice solitaire et individuel de la réponse à ce questionnaire, le ministère accroît l’isolement des collègues chargés de la direction d’école.

Pour toutes ces raisons,

Le secrétariat du SNUipp-FSU24 appelle toutes les équipes :

  • à s’emparer collectivement du texte de ce questionnaire pour y réfléchir collectivement, et rompre l’isolement du collègue directeur-rice sur ces questions métier (Nous rappelons que cette consultation est facultative).
  • à prendre connaissance des éléments de décryptage que nous mettons à disposition ci-dessous :

QUESTIONS 1 à 11 + 13 + 29 à 31 :
Description du contexte d’exercice et « profil » du collègue chargé·e de la direction d’école.
Ces questions n’ont d’autre intérêt que de contextualiser les réponses.

QUESTION 12 :
Quels seraient pour vous les mots qui caractériseraient l’exercice de votre fonction de direction / votre métier ?
Cette question ouverte donne la possibilité d’exprimer la pénibilité du métier, la dégradation de nos conditions de travail.

QUESTION 14 :
A combien estimez-vous le nombre total d’heures que vous consacrez aux tâches de direction dans une semaine, en moyenne (temps de décharge inclus) ?
La DEPP (qui dépend du ministère de l’Education Nationale) dans son rapport de 2013 évaluait le temps de travail des enseignant.es du premier degré à 44 heures par semaine, auxquelles il fallait ajouter les journées de pré-rentrée, ainsi qu’une estimation de 20 jours travaillés durant les vacances.
Les enquêtes flash sur le temps de travail initiées par le SNUipp-FSU en 2012 puis en 2018 ont confirmé un temps de travail effectif bien au-delà du cadre réglementaire. Mais la seule réponse du Ministère sur cette problématique a été de rendre possible par décret en juin dernier cinq journées de formation continue obligatoire sur le temps de vacances ! Que cherche à démontrer le Ministère au travers de cette question spécifique du temps dévolu à la charge de direction ?

QUESTION 15 :
Êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec les affirmations suivantes ?
A-t-on sérieusement besoin d’une enquête pour répondre à ces questions ??
Oui, la directrice ou le directeur sont constamment interrompus dans leurs tâches, que ce soit sur leur temps de classe ou celui de décharge de direction. Ces « empêchements » sont sources de stress professionnel.

QUESTIONS 16 - 17 :
Ce sont les deux seules questions où l’idée de pénibilité apparaît, mais ces questions fermées ne permettent pas d’approfondir le sujet.

QUESTIONS 16 - 20 - 23 - 25 - 26 :
Dans ces questions apparaissent les termes de « pilotage pédagogique », « pilotage de l’équipe éducative de l’école » et « au niveau de la circonscription », de reconnaissance de l’« autorité », de la possibilité d’être « associé à l’évaluation des professeurs de votre école »… !
Même s’il n’est pas cité in extenso, c’est bien la mise en place du « statut du directeur » qui est avancé ici en sous-main. Les verbes « animer, coordonner » ne sont pas utilisés par le Ministère qui leur préfère « piloter »… Les réponses apportées à ces cinq questions sont certainement les plus piégeuses. Les écoles ne sont pas, sur le plan réglementaire et juridique, des « établissements ».
L’enseignante ou l’enseignant en charge de la direction d’école assume une fonction : elle ou il n’est ni « chef d’établissement », ni fonctionnaire d’autorité. Le supérieur hiérarchique des enseignants adjoints n’est donc pas le directeur mais l’inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription (IEN). Le SNUipp-FSU refuse tout projet qui diviserait la profession en conférant à la direction un statut et un rôle hiérarchique relevant d’une conception managériale. A contrario, la notion d’équipe doit être consolidée avec des moyens impartis.

QUESTION 22 : avez-vous des pistes concrètes d’amélioration de vos tâches de direction à proposer ?

  • des aides (matérielles et humaines via des emplois statutaires) à la direction et au fonctionnement de l’école,
  • une augmentation du temps de décharge,
  • une augmentation des rémunérations,
  • des formations initiales et continue de qualité sur le temps de service…

QUESTION 28 :
Y a-t-il une question qui n’a pas été posée précédemment et qui aurait dû l’être ?
Le recours à la médecine du travail, les incidences sur la santé du collègue chargé de la direction, le souhait ou non de continuer à assumer ces tâches…




 

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