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24 novembre 2018

Communiqué SNU24 "gilets jaunes"

Un vent de colère souffle sur notre département comme dans tout le pays.

Chaque mois sont plus nombreux les salarié.e.s, retraité.e.s et privé.e.s d’emploi qui n’arrivent plus à boucler leur budget… La hausse régulière et conséquente du carburant inquiète et fragilise celles et ceux qui n’ont d’autres choix que la voiture individuelle pour les actes de la vie courante…. En Dordogne, c’est le cas de la grande majorité… ce sont les parents de nos élèves, ce sont nos collègues, souvent les plus jeunes.

Le carburant est cher… mais la vie est chère ! Et, alors que l‘hiver s’annonce, la hausse des prix du gaz, de l’électricité, du fuel et des chauffages collectifs aggrave encore le quotidien.

Ce vent de colère est légitime et salutaire. Il met justement en cause la politique suivie par le Président de la République et son gouvernement, notamment en matière fiscale. Tout en rejetant la démagogie sur le « trop d’impôt », nous condamnons le choix qui est fait de mesures fiscales injustes.

Pour Macron, comme pour ses prédécesseurs, le libéralisme est un dogme. Pour nous c’est un drame :

  • il explose les inégalités sociales,
  • il accroît la paupérisation de larges franges de la population,
  • il accentue les atteintes à l’environnement et le réchauffement climatique.

Les groupes capitalistes, patronat et banques, avec leurs profits exponentiels, sont les vrais responsables de ce désespoir social et de la crise climatique .

Le gouvernement tente de justifier ses choix politiques, les augmentions des taxes sur les carburants, par l’urgence écologique. C’est un mensonge :

  • Non seulement le pays ne réduit pas la production de gaz à effet de serre, mais il l’augmente,
  • non seulement il ne réduit pas l’utilisation des pesticides, mais il l’augmente,
  • non seulement il ne diminue pas la pression sur les terres agricoles et l’artificialisation des sols, mais il la poursuit. (Les exemples ne manquent pas en Dordogne…)
  • Et seulement 7 milliards des 37 milliards collectés par la taxe sur les produits énergétiques l’an prochain, se verront affectés à la transition écologique !

La fermeture des services publics de proximité, des gares et voies ferrées secondaires, la concentration des emplois dans les métropoles ne font que renforcer la tragédie climatique en cours et accroître les difficultés quotidiennes de milliers d’habitant.e.s.

Le gouvernement est responsable de la crise en cours car la politique qu’il mène dans les transports comme dans les autres domaines, n’est ni cohérente avec l’urgence climatique ni juste socialement. Aucune mesure ambitieuse n’a été prise pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer autrement. D’autre part, cette prétendue fiscalité écologique épargne les secteurs les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le trafic aérien, une partie du transport maritime ou le transport routier de marchandises.

L’urgence sociale et l’urgence écologique sont aujourd’hui totalement imbriquées. La politique gouvernementale aggrave l’une et l’autre et espère diviser celles et ceux qui en sont les victimes. Et il est illusoire de prétendre répondre à l’une en tournant le dos à l’autre.

Des mesures d’urgences sociales et écologiques comme priorité :

  • L’augmentation des salaires, des pensions, des indemnités chômage, et des allocations sociales et leurs indexations sur les prix pour permettre à tous/toutes de vivre dignement.
  • L’arrêt des suppressions de postes et des fermetures des services publics, et la réouverture de services publics et sociaux de proximité pour permettre une organisation équilibrée des territoires.
  • Le soutien à une agriculture paysanne privilégiant les circuits courts et les productions bios pour permettre à toutes et tous l’accès à une alimentation de qualité.

Au même titre que les associations, syndicats et partis politiques engagé.e.s dans le département pour la justice sociale et climatique, nous appelons ensemble à la mobilisation sociale, écologique et citoyenne contre la politique de Macron-Philippe, tout en refusant les discours démagogiques de tout ordre et l’utilisation des boucs émissaires habituels des discours racistes, antisémites ou xénophobes. Nous appelons au partage des richesses et à l’urgente nécessité de placer la transition écologique et solidaire au cœur de toutes les décisions pour notre avenir et celui de la planète. Ce sont les mobilisations multiples dans les entreprises, dans les services publics, comme dans la rue, par l’action et par la grève, qui permettront de peser sur les décideurs publics ou privés pour que ces changements s’enclenchent.

Texte adopté par le conseil syndical du SNUipp-FSU24 le 23 novembre

 

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